
| Type | Lettre |
|---|---|
| Date | 3 novembre 1994 |
| Statut | Non répondue |
Lettre à M. Odilon Fasch
Monsieur Fasch,
Vous occupez depuis le 1er octobre le poste de régisseur de la Salle Camoin, à la suite du départ de M. Bellanger, et c'est à ce titre que je vous écris, sachant que le dossier de la soirée du 14 octobre vous a été transmis dans son état incomplet (je dis incomplet parce que M. Bellanger m'avait promis un rapport écrit qu'il n'a jamais rédigé, ayant quitté ses fonctions plus vite que prévu, ce qui n'est reproché à personne ici, simplement constaté).
La passation
J'étais présent le 30 septembre lorsque M. Bellanger vous a fait visiter la régie. Je n'avais pas à m'y trouver, ma présence tenait au hasard d'une répétition de la chorale paroissiale qui occupait la scène ce jour-là. J'ai donc vu, sans le vouloir, la scène suivante, que je rapporte parce qu'elle me paraît avoir un rapport avec ce qui est survenu ensuite, sans que je sache lequel.
M. Bellanger vous a montré l'armoire des câbles, puis le boîtier de commande des projecteurs, en s'attardant longuement, presque dix minutes, sur la manière dont il fallait replier les rallonges (en huit, disait-il, jamais en boucle simple, "sinon elles se tordent et on les use pour rien"). Il vous a fait recommencer l'opération trois fois. Vous avez noté ces indications sur un carnet à spirale rouge que vous aviez apporté vous-même.
Puis, arrivé devant l'unité d'amplification louée pour la saison, celle que l'on appelle ici la Retort, il a dit une seule phrase, sans s'arrêter de marcher : "Celle-là, ne la branchez jamais seule sur la scène, mettez toujours le micro d'appoint à côté." Il n'a rien expliqué de plus. Vous avez hoché la tête. Je ne sais pas si vous avez noté cette phrase-là, ou si le carnet rouge s'est refermé avant.
La soirée du 14 octobre
Le soir de la première projection sous votre régie, vous avez utilisé la Retort seule, sans le micro d'appoint, pour les annonces avant le film. Le public a entendu, environ une demi-seconde après chaque phrase que vous prononciez, cette même phrase reproduite plus faiblement dans les haut-parleurs latéraux. Trois personnes se sont levées avant la fin de vos annonces, croyant à un dérangement dans la salle plutôt qu'à l'appareil.
Vous m'avez dit ensuite, dans le couloir, que vous ignoriez ce défaut, et que M. Bellanger ne vous en avait "jamais parlé clairement". Je vous rapporte ici ce que j'ai vu et entendu le 30 septembre, sans prétendre juger de ce qui a été dit clairement ou non : je n'étais qu'un témoin de passage, occupé par ailleurs à ranger des partitions.
Ce qui motive cette lettre
Le conseil des locataires de la salle m'a demandé d'établir un compte rendu de la transition entre les deux régisseurs, à la suite de la plainte déposée par l'association organisatrice de la soirée du 14 octobre. Je transmets donc ce que j'ai vu, dans l'ordre où je l'ai vu, à charge pour vous d'y répondre si vous l'estimez utile.
Je reste à votre disposition pour tout éclaircissement, notamment sur le rangement des rallonges en huit, sur lequel je pourrais, si nécessaire, témoigner à nouveau.
Recevez, Monsieur Fasch, mes salutations distinguées.
La secrétaire du conseil des locataires
Voir aussi
- Bath fitting return — Retort rig
- Casano interval — Retort rig
- Défense du décalage — Retort rig
- Delay-loop counter-drills — Retort rig
- Dons croisés — Retort rig
- Excursion allowance — Retort rig
- Grey reference case — Retort rig
- Lettre à Locations Belrive — Retort rig