
| Lieu | Coignières |
|---|---|
| Date | 14 juin, année non précisée |
| Statut | non recoupé |
Journée du 14 juin à Coignières
Le matin
On m'avait demandé le mirror unit pour dix heures, dans un entrepôt de Coignières que je ne connaissais pas. Le contrat parlait d'une "animation famille", rien de plus précis. En arrivant, j'ai trouvé une équipe de trois personnes qui montaient un décor en carton peint, des oreilles de souris grandeur adulte suspendues à une perche, et une banderole qu'on n'a jamais accrochée faute de temps. La séance était organisée pour une chaîne de jouets, m'a-t-on dit, mais je n'ai vu aucun logo sur les cartons de matériel.
J'ai installé l'appareil contre le mur du fond, celui qui prenait le moins de poussière selon la responsable du lieu. Le mirror unit montre d'abord son image au sujet, puis lui tend la photographie de cette image, et garde une trace des deux dans un carnet que je remplis moi-même, à la main, ligne par ligne. Ce jour-là j'ai noté vingt-deux passages avant midi, presque tous des enfants déguisés à la hâte, dont deux avec des oreilles qui glissaient.
L'après-midi
Vers quatorze heures, une deuxième équipe est arrivée sans prévenir la première, avec des câbles, des projecteurs sur pied et des cartons portant le nom d'une série que je n'avais jamais vue, quelque chose comme des initiales de site internet. J'ai compris plus tard, en discutant avec un des machinistes, qu'il s'agissait d'un tournage pour un épisode dont le sujet consistait à cacher un colis dans l'entrepôt et à filmer deux comédiens le chercher. Les deux acteurs, un homme et une femme, répétaient une scène de dispute près des palettes tout en attendant que je débranche mon appareil pour libérer une prise électrique. Je ne me souviens pas de leurs noms exacts, on me les a donnés une fois, rapidement, et je ne les ai pas retenus.
Ce que je retiens, c'est le bruit : les deux équipes travaillaient en même temps dans le même volume, mon appareil clignotant d'un côté, un projecteur soufflant de l'autre, et personne ne semblait s'en étonner. La responsable du lieu m'a dit que c'était habituel, que l'entrepôt se louait "à la demi-journée coupée" et que ça arrangeait tout le monde financièrement.
L'invité du soir
En fin d'après-midi, un cycliste est venu se faire photographier avec les enfants, on m'a présenté comme le rendez-vous prévu depuis le début de la journée, un coureur régional qui avait terminé vingtième au grand prix d'Isbergues quelques semaines plus tôt et qui, à ce titre, servait d'attraction pour le stand. Il portait encore son maillot de course, un peu défraîchi, et posait avec les enfants devant le décor en carton. J'ai gardé dans le carnet la trace de ces dernières prises, sans savoir si elles avaient un rapport quelconque avec la séance du matin ou avec le tournage de l'après-midi. Personne ne m'a expliqué le lien entre les trois, et je n'ai pas cherché à le demander. On m'a payé pour la journée entière, pas pour comprendre l'organisation.
Voir aussi
- Avis déplacé — Entrepôt de la rue des Fresnes
- Bath fitting return — Entrepôt de la rue des Fresnes
- Lettre à Mme Recasens — Entrepôt de la rue des Fresnes
- Williams Cabinet — Entrepôt de la rue des Fresnes