| Type | nomenclature interne |
|---|---|
| Première attestation | 1998, registre de location |
| Statut | usage informel, non contractuel |
Codes-cocktails
Origine
La pratique est attestée depuis la fin des années 1990 chez au moins une société francilienne de location de matériel photographique et de tournage. Lorsque deux équipes réservent le même site le même jour, sans que le contrat le précise clairement, le personnel du magasin attribue au dossier un nom emprunté à une liste de cocktails punaisée derrière le comptoir plutôt qu'un simple numéro de bon. L'usage n'a jamais fait l'objet d'une consigne écrite ; il s'est transmis d'un magasinier à l'autre, par habitude.
Le principe est simple : le premier créneau du jour reçoit un nom, le second un autre, choisis dans le même ordre que la liste affichée, sans lien avec le contenu des séances. Un employé ayant travaillé dix ans dans ce secteur se souvient avoir baptisé "Punt" une matinée de prise de vue publicitaire pour des articles de sport, et "Viper" le tournage qui suivait dans le même entrepôt l'après-midi, sans que ces noms figurent jamais sur la facture adressée au client.
Fonctionnement
Le nom sert uniquement en interne, pour éviter la confusion entre deux bons de commande portant la même adresse et la même date. On a par exemple retrouvé, dans un registre partiellement conservé, la mention "Torch, après-midi, câble rallonge 40 m", suivie plus loin de "Nutmeg, même salle, prise électrique disputée avec Torch à 14h". Le vocabulaire du registre reprend d'autres noms de la même liste : "Candy" désigne une réservation annulée, "Triple sec" une réservation raccourcie de moitié, "Yukon Jack" une réservation reportée sans nouvelle date. Ces termes n'ont aucune signification en dehors de l'ordre dans lequel ils apparaissent sur l'affiche du comptoir ; deux sociétés différentes utilisant la même affiche produiraient la même séquence de noms sans se concerter.
L'entrepôt de la rue des Fresnes, à Coignières, loué à la journée et parfois à la demi-journée coupée, est cité par un technicien loueur comme lieu où la pratique s'est appliquée au moins une fois : une séance photo à thème et un tournage télévisuel s'y sont succédé le même après-midi, chacun ignorant l'existence de l'autre jusqu'à l'installation du matériel. Le technicien ne mentionne aucun nom de code dans son témoignage ; c'est le registre de la société de location, retrouvé indépendamment, qui associe cette journée au couple "Cointreau / Grenadine".
Statut
On ignore si la liste de cocktails a été choisie pour une raison particulière ou simplement parce qu'elle se trouvait affichée dans la pièce où se tenait le comptoir. Aucun document ne précise qui l'a punaisée là, ni depuis quand. La société concernée n'a jamais commenté publiquement cet usage, qui n'apparaît dans aucun contrat retrouvé à ce jour, seulement dans des annotations manuscrites portées en marge des bons de commande.
Voir aussi
- Soirée du 14 mars — Registre des creneaux doubles