| Type | Journal de terrain |
|---|---|
| Période couverte | janvier - avril 1979 |
| Lieu | Parcelle de la Haie Basse, Coignières |
Carnet de la Haie Basse, hiver 1979
12 janvier. Froid net, gel blanc sur la haie dès l'aube. Jumelles 8x30, thermomètre à minima, carnet quadrillé. À 7h40, un merle noir mâle sur la branche la plus basse du prunellier, le bec encore fermé. À 8h05, deux fauvettes à tête noire, l'une bien plus pâle que l'autre, ce qui n'est pas la règle à cette saison. Rien d'autre avant 9h, sinon le bruit sourd des camions de l'entrepôt qui commencent leur rotation.
15 janvier. Neige légère, presque rien au sol. J'ai relevé un nid abandonné dans la haie, taille d'une paume, tressé serré, tenu par trois brins de laine bleue qu'aucun oiseau du secteur n'utilise d'ordinaire. Origine non déterminée.
19 janvier. Rare, cette matinée : un accenteur mouchet chanteur près de la clôture est resté sur son perchoir plus de dix minutes sans bouger, ce qui pour l'espèce est peu fréquent. J'ai noté l'heure exacte, 7h58, et compté le nombre de strophes : vingt-deux.
22 janvier. Rien. Brouillard bas toute la matinée, visibilité inférieure à trente mètres. Je suis resté une heure sans rien voir ni entendre, sauf une fois un cri, bref et rauque, que je n'ai pas su rattacher à une espèce connue de la parcelle.
26 janvier. Ciel dégagé. À 7h20, un faucon crécerelle en vol stationnaire au-dessus du talus. À 7h50, une pie bavarde, très bruyante, qui a fait fuir toute la petite troupe de moineaux domestiques massés autour du tas de compost. Le sol est encore gelé par endroits, dur sous la botte.
2 février. J'ai remplacé le carnet à spirale par un cahier relié, plus commode pour le froid : les pages ne se soulèvent plus au vent. Observé un rouge-gorge à la gorge nettement colorée, le rouge très net contre le brun terne du plumage, posé sur le grillage à 8h10. Trois minutes plus tard, disparu.
9 février. Une observation qui me trouble : à 16h30, alors que je repliais le matériel, un animal de la taille d'un gros chat a traversé la parcelle en trois bonds, sans bruit, et s'est glissé sous la clôture côté entrepôt. Je n'ai pas eu le temps de lever les jumelles. Ni renard, ni chat, à en juger par la démarche, plus souple, presque féline mais l'allure trop basse sur pattes.
14 février. Journée sans grand intérêt. Vent fort toute la matinée, les passereaux restent au fond de la haie. Un seul relevé : deux pigeons ramiers en vol, direction sud-est, 9h05.
21 février. Retour au calme du 9 février. J'ai posé, en accord avec le responsable du relevé, un petit piège photographique à déclenchement automatique, prêté par la mairie, à l'endroit exact du passage observé. L'appareil fonctionne sur pile, avec un déclencheur infrarouge : en clair, il prend une photo tout seul quand quelque chose de chaud passe devant.
28 février. Rien capturé par l'appareil, sinon une image floue prise à 3h12, où l'on distingue une forme allongée, plutôt maigre, sans qu'on puisse dire s'il s'agit d'un chat errant ou d'autre chose. Le contraste est trop faible pour trancher.
7 mars. Belle matinée, ciel entièrement dégagé, sol encore un peu humide de la pluie de la veille. Une fauvette des jardins chante depuis 7h05, longtemps, d'une voix pure et régulière. Deux bergeronnettes grises picorent le long du fossé. J'ai noté, comme chaque semaine, la température au sol : quatre degrés.
14 mars. Le piège photographique a pris, à 22h40, une image nette cette fois : un chat domestique, au pelage sombre et bien entretenu, collier visible mais sans médaille lisible sur le cliché. Rien d'inquiétant, donc, dans cette direction.
21 mars. J'ai croisé, en fin de matinée, un homme de l'entrepôt qui montait la garde devant un camion de tournage garé côté rue des Fresnes. Il m'a dit qu'ils faisaient des prises de vue pour une marque de vêtements, et que le bruit du groupe électrogène risquait de gêner mes relevés jusqu'au soir. Il avait raison : aucun passereau ne s'est approché de la haie entre 11h et 15h.
28 mars. Journée complète, huit heures sur place. Compté onze espèces différentes, chiffre le plus élevé depuis le début du relevé cette année. Le détail complet a été reporté sur la fiche hebdomadaire remise au responsable du secteur, comme convenu.
2 avril. Dernière sortie du trimestre. Le piège photographique a été retiré à 10h00 et restitué à la mairie le jour même, avec les douze clichés exploitables du printemps, numérotés et datés au dos. Le registre du premier trimestre 1979 de la Haie Basse est clos.
Voir aussi
- Carnet de la haie basse — Parcelle de la Haie Basse