| Type | témoignage |
|---|---|
| Paire testée | Mantilly / Ceaucé |
| Statut | non conclusif |
Troisième paire testée
J'ai eu entre les mains la photocopie de l'appendice pendant à peu près trois semaines, en 2019, prêtée par un collègue qui préparait, disait-il, un article qu'il n'a jamais fini. Je n'avais pas vraiment de raison de m'y intéresser. C'est la coïncidence qui m'a retenu : je passais mes vacances près de Mantilly, dans l'Orne, et le nom figurait dans la table, apparié à Ceaucé.
Je me suis dit que je pouvais vérifier, puisque j'étais sur place. Ça m'a semblé un après-midi bien employé.
La distance donnée dans l'appendice pour cette paire est de 6. Pas de kilomètres, pas de miles, rien : juste le chiffre. La route entre les deux communes, celle qu'on prend en voiture, fait un peu plus de neuf kilomètres. À vol d'oiseau, on est autour de sept virgule cinq. Le chiffre de l'appendice est donc, comme pour la paire Vasles / Châteauneuf-sur-Sarthe dont on parle d'habitude, inférieur aux deux mesures qu'on connaît.
Je précise, parce que ça m'a chiffonné sur le moment : je ne suis pas partisan de la lecture kilométrique. Je n'ai même pas d'avis très arrêté sur ce que sont les chiffres de l'appendice. Mais j'avais la carte, j'avais les deux communes, et il m'a paru honnête d'aller voir si le raisonnement de la note tenait, au moins sur ce cas-là.
La note, si j'ai bien compris ce qu'on m'en a expliqué, propose qu'un tronçon de la route "ne compte pas", ce qui ramènerait la distance parcourue sous le seuil du trajet le plus court disponible. Le problème, sur Mantilly / Ceaucé, c'est qu'il n'y a pas de tronçon évident à retrancher. La route passe par un hameau, longe une rivière sur moins d'un kilomètre, redescend vers le bourg. Rien qui ressemble à une section qu'on aurait des raisons de ne pas compter : pas de bac, pas de chemin privé, pas de section fermée l'hiver.
J'ai fini par écrire à l'adresse indiquée dans une note de bas de page, celle qui renvoyait à un des quatre destinataires de la circulaire d'origine. On m'a répondu, un mois plus tard, une seule phrase : "Le tronçon retranché n'a pas besoin d'exister sur la route actuelle pour avoir existé sur celle que la table suppose."
Je n'ai pas su quoi répondre à ça, et je ne crois pas que quiconque le saurait. Ça revient à dire que la table décrit un réseau routier qu'on ne peut pas aller vérifier, ce qui rend la vérification, par construction, impossible à mener. J'ai refermé le dossier là-dessus.
Ce qui me reste, ce n'est pas une conviction sur les chiffres. C'est plutôt l'impression d'avoir passé un après-midi à mesurer une route pour rien, avec la carte IGN dépliée sur le capot de la voiture, pendant que ma famille m'attendait pour le pique-nique. Je ne recommande l'exercice à personne, mais je suis content de l'avoir fait une fois.