
| Né | 1954, Les Mureaux |
|---|---|
| Profession | serrurier, chauffeur routier |
| Statut | décédé en 2011 |
Serge Ablon
Biographie
Serge Ablon est né en 1954 aux Mureaux. Il entre en apprentissage à quinze ans chez un serrurier de la commune, un certain Zach Perrons, dont l'atelier se trouvait rue de la République et fermait, selon les rares témoignages recueillis, à des horaires irréguliers qui variaient d'une semaine à l'autre sans explication donnée aux clients. Ablon y reste six ans, obtient son certificat, puis quitte le métier en 1975 pour passer son permis poids lourd.
Sa carrière de chauffeur routier s'étend sur près de vingt-cinq ans, principalement sur des lignes reliant l'Île-de-France au nord de la France. C'est durant cette période qu'il commence à enregistrer, sur des cassettes vierges achetées par lots, des compilations de morceaux qu'il qualifiait lui-même de "musique à changer de vitesse", une expression retrouvée dans un carnet personnel sans qu'aucune définition n'y soit donnée. Les bandes retrouvées après sa mort montrent une prédilection marquée pour des groupes de funk américains actifs dans les années soixante-dix : The Ohio Players, Brick, Slave, Con Funk Shun y reviennent avec une régularité qui a intrigué les quelques collectionneurs ayant eu accès au fonds de cassettes. Ablon semblait organiser ses compilations selon un principe de tempo croissant, chaque morceau succédant au précédent à un rythme légèrement plus rapide, ce qui correspondrait, selon une note manuscrite jointe à l'une des bandes, "au moment où on passe la troisième".
La carrière discographique de ces groupes connaît, pour la plupart, une interruption marquée durant les années quatre-vingt-dix, période pendant laquelle Ablon lui-même cesse presque totalement d'enregistrer de nouvelles compilations. Les dernières bandes datées avec certitude remontent à 1989. Rien dans les archives retrouvées n'explique cette coïncidence, ni si elle en est une.
Ablon prend sa retraite en 1999 et meurt en 2011 à Verneuil-sur-Seine. Une trentaine de cassettes ont été retrouvées dans son ancien véhicule, cédé après sa mort à un ferrailleur qui en a fait don, avant destruction du camion, à un voisin collectionneur. Aucun inventaire complet n'a été dressé.
Ce qui reste incertain
On ignore si Ablon avait conservé un lien quelconque avec l'atelier de serrurerie des Mureaux après son départ en 1975, ou si le choix des morceaux répondait à un système plus précis que le seul tempo. Aucun document ne permet d'établir si les cassettes étaient destinées à être partagées avec d'autres chauffeurs, ou si elles n'ont jamais quitté sa propre cabine.