
| Type | Lettre manuscrite |
|---|---|
| Datée | 14 mars |
| Statut | conservée telle quelle |
Lettre à Mme Recasens (second scriptophone)
Chère Madame Recasens,
Nous étions quatre sur le plateau cette nuit-là, à préparer un plan sur le luthier dont parle le film, et c'est notre régisseur qui, en déplaçant un paravent, a buté sur un boîtier qu'on croyait depuis des années n'être qu'un décor oublié par un tournage précédent. Nous louons ce local à Locations Verchamp depuis trois ans sans jamais en avoir vidé les coins, et le propriétaire lui-même nous a avoué, convoqué le lendemain, qu'il ne savait plus ce qu'il y avait là-dedans : sur son registre de 2022, l'objet figure comme "amplificateur hors service" ; sur celui de 2023, comme "caisson vide" ; cette année, il n'apparaît tout simplement plus.
Le boîtier a été branché par erreur au circuit du plateau. Pendant la prise, une musique s'est mise à sortir du rien, et personne, sur le moment, n'a su d'où elle venait.
À la radio, l'autre soir, un auditeur racontait une histoire semblable à propos d'un studio de Clermont, où un technicien mesurait la distance entre deux micros "en brasses de studio", douze brasses valant environ vingt-deux mètres. Il disait que le son, parfois, met plus de temps à parcourir cette distance qu'il ne le devrait.
Nous ne savons rien de plus que cela. Voulez-vous le reprendre ?