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Fiction
Carnet Volmane
TypeCarnet manuscrit
LieuArles
Période1979, 2019
StatutConservé par la fille du rédacteur

Carnet Volmane

Fiction, versement du 2026-10-06.
Pièce de fiction.

« Finis-la pour moi, même si tu ne sais pas ce qu'elle dit. »

Dernières paroles attribuées à Anselme Pradier, rapportées dans le carnet de Serge Volmane.

En février 1979, Volmane acheva à Arles la construction d'un second scriptophone, promis à son maître agonisant, Anselme Pradier, qui avait entrepris une pièce sonore dont les frappes au clavier étaient traduites en données MIDI, puis en notes par une chaîne d'effets, puis imprimées sur rouleau thermique au fur et à mesure qu'elles s'effaçaient de l'écran. Pradier mourut le 11 mars sans l'avoir terminée.

L'appareil, lui, continue. En juillet, Volmane note des notes isolées la nuit, sans que personne ne touche au clavier débranché depuis des semaines. En septembre, ce sont des fragments de phrases. En novembre, des phrases entières s'impriment, qu'il reconnaît: ce ne sont pas celles de Pradier. Le vieil homme ne les avait jamais écrites de son vivant.

Le plan

Volmane dessine à l'encre un plan de l'atelier pour suivre le fil. On y voit d'abord la table, puis le boîtier du scriptophone relié par un câble gris à un module noir. Le trait hésite à la cloison mitoyenne, traverse un petit rectangle marqué "gaine", puis ressort dans l'atelier voisin, où une croix indique une prise. Une tache d'encre, grasse, borde la cloison. Un son âcre, note-t-il en marge, montait du mur à ce moment-là.

Ce qu'il trouve

Derrière la cloison vit une locataire insomniaque, qui tape la nuit sur un vieux clavier resté branché par erreur depuis les travaux de 1978, pour elle-même, sans rien savoir du dispositif. Volmane ne le lui dit pas. Il renouvelle l'abonnement électrique du local voisin à son nom, chaque trimestre, jusqu'en 1998.

Catégories : Testimonies · Devices